Jean Charbonnel

Publié le par Laurent Pelvey

communiqué du site gaullismesocial.com, 08/04/2005

 

Évoquant l'attitude des hommes politiques qui cherchent à se recommander du souvenir du général de Gaulle, pour justifier leur "oui" au projet de constitution européenne, Jean Charbonnel, ancien ministre, a déclaré :

"Aussi capitale que demeure la référence gaullienne pour les gaullistes, et pour tant de Français, attachés à ce grand héritage, il est dangereux de faire intervenir la mémoire du Général dans nos débats d'aujourd'hui. Que dirait-il maintenant, alors que la conjoncture nationale et internationale s'est profondément modifiée ? Nul ne le sait.

Nous croyons toutefois possible de retrouver, grâce à une réflexion attentive sur son action et à une relecture objective de ses écrits, l'esprit du message qu'il nous a laissé sur un problème qui n'a cessé d'être essentiel à ses yeux : il nous paraît évident qu'il aurait fermement rejeté le texte qui nous est aujourd'hui proposé.

Que voulait-il lui-même pour l'Europe ? Il nous l'a dit sans ambiguïté depuis 1940 jusqu'au "Plan Fouchet" de 1962 - que les Eurocrates de l'époque ont fait échouer. Ce qu'il souhaitait, c'était une Europe fondée sur la réconciliation franco-allemande, qu'il avait préconisée dès 1945, avant Robert Schuman et Jean Monnet ; une Europe confédérale, respectueuse des indépendances politique et culturelle de ses membres mais ouverte à toutes les coopérations depuis l'organisation de ses institutions jusqu'à la haute technologie ; une Europe capable de devenir une force d'équilibre dans le monde, excluant la domination de tout fédérateur extérieur, c'est-à-dire, dès ce moment, des États-Unis.

Peut-on, dans ces conditions, imaginer que De Gaulle aurait accepté les "avancées" fédéralistes du texte actuel et notamment la création d'un "ministre européen des Affaires étrangères", comme si l'on pouvait s'en remettre à un personnage, même symbolique, pour conduire la politique extérieure de la France ? Peut-on imaginer que De Gaulle aurait accepté que l'effort de défense du pays se développe dans le cadre de l'OTAN, alors qu'il avait voulu le doter d'une force de dissuasion pour qu'il ne soit jamais engagé dans un conflit qui ne fût le sien ?

Il est clair que le Général aurait refusé avec indignation de telles perspectives : ceux qui s'y rallient aujourd'hui se couvrent abusivement de son autorité."

 

Publié dans Actualité

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