syndicats - SNES-FSU

Publié le par France Républicaine

LE MANS, 6 avr 2005 (AFP) - Le Snes-FSU, principal syndicat des collèges-lycées, a "condamné" et "rejeté" mercredi lors de son congrès au Mans le projet de constitution européenne sans pour autant appeler à voter +non+ le 29 mai, dans un contexte de crise ouverte avec le gouvernement.

Le texte affirmant que le Snes "condamne et rejette le projet de traité constitutionnel car il va à l'encontre de l'Europe que nous voulons construire", a été adopté en séance plénière par 404 voix pour et 8 contre sur 452 votants.

Il critique un projet de constitution visant "à provoquer la convergence vers un système éducatif européen d'essence libérale fondé sur l'utilitarisme, l'individualisation et empruntant les techniques managériales de l'entreprise" et appelle de ses voeux une "Europe qui assurerait le développement de l'éducation publique obligatoire et gratuite de qualité pour tous et à un haut niveau".

Malgré la forte majorité dégagée sur le texte final, les délégués du Snes, réunis au Mans jusqu'à vendredi, tous d'accord sur la condamnation et le rejet du projet de constitution , ont débattu longuement lundi et mardi de l'opportunité d'une consigne de vote, dans un contexte social qui encourage la tentation de faire pression sur le gouvernement.

"Il y a consensus sur la nécessité de construire une autre Europe", a déclaré Gisèle Jean, une des secrétaires générales du syndicat, à l'issue des travaux en commission. "Un appel au vote +non+ changerait complètement la position du Snes", a-t-elle ajouté, en écho aux protestations diverses.

Contre d'autres, certains congressistes, issus souvent de courants minoritaires du Snes, estimaient en effet que formuler un appel clair à voter +non+ faisait "partie des prérogatives d'un syndicat qui doit se donner les moyens de porter un coup d'arrêt" aux dérives libérales dont l'Europe est accusée.

En filigrane à ces considérations structurelles, la question d'un vote sanction contre le gouvernement Raffarin et sa politique éducative a également été soulevée, après des mois de crise, la multiplication de grèves et de manifestations et l'adoption définitive, malgré tout, de la loi Fillon sur l'école.

Un délégué a ainsi estimé que la position du syndicat sur l'Europe constituait "une clé dans l'établissement d'un rapport de forces" avec le gouvernement.

"Le mécontentement social dope le non, et on voit bien que la perspective d'une défaite incite le gouvernement à être plus à l'écoute. Mais il ne faut pas que ça encourage le mouvement social à ne s'exprimer que dans le non", a déclaré à l'AFP, en marge du congrès, Bernard Boisseau, un autre secrétaire général du Snes.

"Le référendum est un élément de fait dans le paysage mais, nous, nous poursuivons notre action", a-t-il ajouté.

Le texte adopté mercredi, qui comporte un passage sur la nécessité de "créer un rapport de force" face à la politique éducative de l'Union européenne, inclut cependant "l'appui" du rejet de la constitution sur les "luttes actuelles".

"Ce sera un texte de compromis entre diverses possibilités, diverses approches, le Snes ne peut pas sortir du congrès avec un vote à 51/49%, il faut que le maximum de délégués votent pour le texte", avait plaidé Daniel Robin, secrétaire national, à l'issue du dernier débat en commission mardi soir.

 

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