MPF - Villiers

Publié le par France Républicaine

Par Alexandra TURCAT

PARIS, 2 avr 2005 (AFP) - En campagne pour le non à la Constitution européenne depuis septembre, le président du Mouvement pour la France (MPF) Philippe de Villiers, invité dimanche du Grand Jury RTL-LCI-Le Monde, est parvenu à devenir le porte-parole du non de droite le plus présent sur la scène médiatique.

Son grand concurrent, le Front National, parti au même moment, a vu son discours sur l'Europe occulté par de fortes tensions internes et par les dérapages successifs de Bruno Gollnisch et Jean-Marie Le Pen sur la deuxième guerre mondiale.

De ce fait, Philippe de Villiers occupe actuellement une place médiatique beaucoup plus importante que celle qui correspond théoriquement aux derniers scores électoraux de son parti (6,67% et 3 élus aux européennes de juin 2004).

Outre le FN, qui tente maintenant de revenir dans la campagne, il doit théoriquement partager la vedette avec le Rassemblement pour la France (RPF) de son ancien allié Charles Pasqua, avec lequel il s'était brièvement allié pour les européennes de 1999 ce qui leur avait permis d'obtenir 13,05% des suffrages, plus que le RPR de l'époque (12,82%).

L'ancien ministre de l'Intérieur, qui bénéficiera lui aussi du financement de sa campagne pour le non, lance officiellement sa campagne ce samedi mais son absence médiatique des derniers mois et les nombreuses affaires judiciaires en cours le concernant risquent d'affaiblir son écho.

Le Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret et Chasse, Pêche, Nature, Traditions (CPNT) militent également pour le non mais ils n'ont pratiquement plus d'appareil politique.

Des personnalités comme le député UMP Nicolas Dupont-Aignan avec Debout la République, Christine Boutin ou l'élu UDF Jean-Christophe Lagarde militent également pour le non, mais l'UMP, dirigée par Nicolas Sarkozy, et l'UDF, par François Bayrou, ont massivement choisi le oui, ce qui affaiblit leur position.

A cette conjoncture favorable pour Philippe de Villiers, s'ajoute le fait que le député européen a mis en oeuvre une campagne référendaire très offensive: il multiplie les communiqués de presse et les déclarations, réagit systématiquement sur les sujets européens, interpelle les plus hautes autorités de l'Etat, tandis que ses avocats tentent de débusquer des failles juridiques dans l'organisation du scrutin.

Ce référendum lui offre une occasion unique de revenir sur le devant de la scène à l'approche de 2007.

Candidat à la présidentielle en 1995, avec un score inférieur à 5% ce qui ne lui avait pas permis d'être remboursé de ses frais de campagne, le président du MPF avait renoncé à prendre ce risque en 2002. Mais à 56 ans, M. de Villiers laisse entendre que la question est de nouveau ouverte pour 2007.

 

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