Europe libérale : les journaux allemands lèvent le lièvre

Publié le par France Républicaine

BERLIN, 24 mars 2005 (AFP) - L'Allemagne et la France, solidaires au sommet de Bruxelles sur le Pacte de stabilité et la directive Bolkestein sur les services, se sont posées en vainqueurs mais n'ont pas rendu service à l'Europe élargie, affirme jeudi une presse allemande en majorité très critique.

"Le tandem franco-allemand supposé si essentiel pour le progrès de l'unité européenne a réussi de deux manières: à démolir une institution clé de l'Europe (le Pacte de stabilité) et à priver la stratégie de croissance de sa partie la plus dynamique", affirme le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung, dans une allusion à la libéralisation des services.

Le quotidien de gauche Sueddeutsche Zeitung estime que "le chancelier n'utilise pas son pouvoir et son influence pour promouvoir la croissance européenne. La directive sur les services en est un exemple. (...) Schroeder empêche la croissance".

"Semaine franco-allemande à Bruxelles", titre le Berliner Zeitung, autre journal de gauche modérée: "juste parce que Chirac est supposé remporter le référendum sur la Constitution , il lui est permis de se présenter obtensiblement en vainqueur. L'UE non seulement se rend ridicule, elle perd aussi de sa crédibilité, par exemple avec le Pacte de stabilité. Un haut prix à payer".

"Blues de l'élargissement et tourbillon des intérêts divergents: l'Europe perd son orientation", conclut le journal berlinois.

"D'humeur victorieuse", titre le quotidien de gauche Frankfurter Rundschau, à côté d'une photo de Gerhard Schroeder rayonnant regardant d'un air complice son ami Chirac. Avec quelque ironie, le quotidien relève que le président français "s'est vu vainqueur sur toute la ligne, a loué les syndicats et s'est placé à la tête du movement de protestation".

"Accolades dangereuses", titre le quotidien conservateur Die Welt, montrant des photos du président luxembourgeois en exercice Jean-Claude Juncker donnant l'accolade à MM. Schroeder et à Chirac.

"L'Europe s'étouffe elle-même", selon l'éditorialiste de Die Welt: l'UE éprouve "la peur tardive du courage" qu'elle a manifestée en acceptant l'élargissement à l'Europe de l'Est. "Cela n'excuse pas le blocus pratiqué par l'Allemagne et la France, mais cela l'explique".

 

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