PS

Publié le par France Républicaine

Par THIERRY MASURE

PARIS, 22 mars 2005 (AFP) - Le Bureau national du PS a a écarté toute sanction à l'encontre des "fauteurs de troubles" en se bornant mardi à "condamner solennellement" les responsables socialistes qui ont bravé les consignes du parti en s'engageant dans une campagne pour le non au référendum sur la Constitution européenne.

Au cours d'une réunion "exceptionnelle à bien des égards", le Bureau national (BN) a prononcé un "rappel à l'ordre" de ceux "qui ne respectent pas le vote des militants", qui se sont prononcés à 59% en décembre pour le traité constitutionnel européen, a indiqué le Premier secrétaire François Hollande.

Dans une brève déclaration, le BN "condamne solennellement" les comportements des membres du BN qui font campagne pour le non au référendum du 29 mai et leur interdit d'"engager de quelque façon que ce soit le Parti socialiste" dans leurs actions.

Ce coup de semonce aux partisans du non intervient alors que, le matin même, le député des Landes Henri Emmanuelli avait annoncé le lancement "dans chaque département" de "collectifs socialistes pour le non".

Mais M. Hollande n'a pas interdit formellement aux tenants du non -essentiellement les députés Henri Emmanuelli et Marc Dolez et le sénateur Jean-Luc Mélenchon, tous membres de la gauche du parti- de faire campagne contre la ratification du traité, y compris avec d'autres forces de gauche.

M. Mélenchon a d'ailleurs déclaré à la sortie de la réunion qu'il continuerait de faire des meetings communs "avec les communistes", excluant seulement de s'associer à ceux qui, comme à Guéret début mars, "jettent des boules de neige" sur des dirigeants socialistes comme François Hollande.

La déclaration du BN a été adoptée par 36 voix pour et 25 abstentions, un score qui représente une victoire pour la direction, selon M. Hollande. Alors qu'"on disait que le oui n'était pas majoritaire au Bureau national, ma position a eu une majorité forte", s'est-il félicité.

Laurent Fabius et ses partisans, tout comme les représentants du Nouveau Parti socialiste (Arnaud Montebourg et Vincent Peillon) et de Nouveau Monde se sont abstenus.

Selon Julien Dray, proche du Premier secrétaire, ce résultat montre que "l'audience de Laurent Fabius se réduit" dans les instances de direction. Le député de l'Essonne a notamment relevé que Marie-Noëlle Lienemann et Manuel Valls, qui avaient fait campagne pour le Non dans le cadre du référendum interne de décembre 2004, ont voté pour la déclaration du BN.

M. Mélenchon a déclaré avoir "pris l'engagement de ne pas utiliser l'emblème du parti" pendant sa campagne, une concession qui n'en est pas une puisque c'est déjà ce qu'il faisait.

"Tout le monde a fait un effort, je n'avais pas envie que ça dégénère et j'estime que ça s'est bien passé, puisque je ne suis pas sanctionné", a-t-il dit. De même, Marc Dolez a indiqué que "évidemment", il continuerait sa campagne pour le nom, mais "sans le faire au nom du PS".

Quant à Henri Emmanuelli, il a déclaré repartir "en congé de courtoisie", une allusion à sa décision déjà connue de se mettre en congé du Bureau national.

Selon le numéro 3 du parti, François Rebsamen, proche de M. Hollande, "l'histoire du PS passait par ce type de décision". "L'heure était grave, ils ne faisaient pas les fier-à-bras", a-t-il dit à propos des animateurs du non socialiste.

Cependant, selon un membre du BN favorable au non, François Hollande et ses amis ont dû revoir leur copie pour ne pas risquer un échec. Lundi encore, selon cette source, ils souhaitaient une déclaration permettant de lancer formellement des procédures disciplinaires.

 

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