PS

Publié le par France Républicaine

Par Thierry MASURE

PARIS, 21 mars 2005 (AFP) - La direction du PS et son premier secrétaire François Hollande se trouvent actuellement en difficulté dans leur entreprise de promotion de la Constitution européenne, la montée du non dans les sondages coïncidant avec une forte résistance à l'égard de la ligne officielle.

Alors que la campagne du parti est officiellement lancée depuis la mi-février, l'inversion, en deux semaines, du rapport de forces entre le oui et le non est prise très au sérieux par les dirigeants du PS.

"Il faut redresser la barre", confie le député européen Harlem Désir, proche de M. Hollande. "Il y a une vraie tendance (à la montée du non) qu'il faut combattre", reconnaît son collègue Pierre Moscovici, chargé des questions internationales à la direction.

Pour François Hollande, le rééquilibrage entre le oui et le non ne sonne pas à proprement parler comme une mauvaise surprise. "C'est une vue de l'esprit" de croire que le oui l'emportera haut la main, confiait-il à la mi-février.

"Tout est possible, même l'invraisemblable, la crise", lâchait-il dimanche en marge du Conseil national du parti. Dans les deux dernières enquêtes reflétant une forte montée du non, y compris dans l'électorat de gauche, le premier secrétaire voit malgré tout des raisons d'espérer.

"Beaucoup de citoyens n'ont pas encore fait leur choix, ils hésitent. A nous d'aller vers les Français", a-t-il déclaré lundi. Selon un sondage IPSOS publié lundi, parmi les 62% de personnes se déclarant certaines d'aller voter, 24% n'ont pas exprimé d'intention de vote.

Pour Annick Lepetit, porte-parole du parti, "il n'y a pas de raz-de-marée du non, au PS ou chez nos concitoyens. Mais il faut être attentifs à l'évolution".

Selon le Nouveau Parti socialiste, la minorité de Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, c'est le choix d'appeler à voter oui qui est en cause. "Les partisans du oui de gauche sont dans une contradiction insoluble, qui consiste pour eux à défendre l'Europe telle qu'ils la voudraient alors qu'elle est totalement contraire à l'Europe qui se fait", estime son porte-parole, Benoît Hamon.

Le député de l'Essonne Manuel Valls, qui a rejoint le camp du oui après s'être battu en interne pour le non, voit dans le type de campagne du PS l'une des raisons des difficultés. Cette campagne "est molle, elle ne donne pas prise". Du moins la progression du non a-t-il "l'avantage de nous obliger à changer de braquet", ajoute-t-il.

La direction du parti, qui table sur "une campagne avec beaucoup de réunions de proximité" pour convaincre, est consciente que l'argumentaire pour le non développé par des chefs de file socialistes - Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon et dans une moindre mesure Laurent Fabius - "brouille le message", selon Mme Lepetit.

Pour en finir avec cette polyphonie, François Hollande a promis "des décisions" qui seront prises au Bureau national mardi, en application d'une circulaire interne du 4 décembre excluant que des socialistes fassent "tréteaux communs avec les partis qui appellent à voter non".

Cette réunion s'annonce tendue. La majorité des membres du Bureau national défend le non au traité constitutionnel. Et Henri Emmanuelli, en congé de cette instance et résolument hostile à l'idée de sanctions, a fait savoir que, "exceptionnellement", il se rendrait à la réunion.

Dans la matinée, le leader de Nouveau Monde (aile gauche du parti) aura lancé "les comités départementaux pour le non", poursuivant ainsi sa dissidence ouverte.

 

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