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Publié le par France Républicaine

BRUXELLES, 19 mars 2005 (AFP) - "Non à l'Europe Bolkestein !". Quelque 60.000 Belges, Allemands, Français, Néerlandais, Polonais et autres ont défilé samedi à Bruxelles à l'appel de la Confédération européenne des syndicats (CES) pour une Europe synonyme d'emplois et refusant tout "dumping social".

"Plus d'emplois et de meilleure qualité, défense de l'Europe sociale, stop Bolkestein !", clamait une banderole brandie par John Monks, secrétaire général de la CES, entouré de leaders syndicaux tels que Mickaël Summer (DGB, Allemagne), José Fidalgo (CCOO, Espagne) et François Chérèque (CFDT, France).

"Nous voulons envoyer un message fort aux chefs d'Etat qui se réunissent ici la semaine prochaine", a affirmé M. Monks à l'AFP, chiffrant les manifestants à "au moins" 50.000. "Nous voulons qu'ils s'attaquent véritablement au chômage et qu'ils mettent un coup d'arrêt à la directive Bolkestein".

La directive sur les services, élaborée par l'ancien commissaire européen au Marché intérieur, le Néerlandais Frits Bolkestein, était la principale cible des slogans scandés samedi, comme "Nuit gravement à l'Europe sociale".

Le projet, dénoncé par la gauche et les syndicats européens ainsi que par plusieurs Etats membres de l'Union européenne (France, Allemagne, Belgique et Suède notamment), vise à libéraliser les échanges de services en Europe, au prix, selon les syndicats, d'un nivellement vers le bas des standards sociaux.

Après avoir promis une remise à plat de cette directive, le président de la Commission, José Manuel Durao Barroso, a crispé les syndicats en affirmant qu'il n'était pas question d'abandonner sa disposition la plus controversée, le "principe du pays d'origine".

Ce principe permet à un prestataire de services d'opérer à travers l'UE en appliquant la loi de son propre pays.

Outre le retrait de cette directive, la CES a pour objectif de voir l'emploi et la "protection des droits sociaux fondamentaux" érigés en priorités, à la veille du sommet européen de printemps.

La rencontre des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE , mardi et mercredi prochains à Bruxelles, doit sonner la relance de la stratégie de Lisbonne, visant à redynamiser l'économie européenne.

Dans le cortège bariolé, mêlant les bannières de plusieurs dizaines de syndicats d'Europe - la FGTB belge, le DGB et l'IG Metall allemands, la CGT, CFDT et CFTC françaises, la CGIL italienne, le polonais Solidarnosc, etc - fleurissaient aussi les slogans prônant la défense des services publics.

"Dans un marché où les services sont libéralisés, nous sommes une anomalie, nous, les services publics", affirmait Bernard Soula, brancardier CGT venu, comme nombre de salariés des transports ou de la santé, clamer son attachement à la législation sociale et aux services publics en Europe.

"En Italie, on combat déjà la politique libérale de Berlusconi, on ne veut pas d'une directive qui étende cette politique à l'échelle de l'Europe", dénonçait de son côté Sergio Sinchetto (CGIL).

"L'Union européenne, ce n'est pas seulement le capitalisme, ce sont aussi les travailleurs, c'est aussi 19 millions de chômeurs", soulignait une banderole brandie par des Slovènes, vêtus pour certains en costume traditionnel, peau de mouton et cloches à la ceinture.

La Constitution européenne, dont la ratification fait l'objet d'un référendum dans une dizaine de pays, n'a pas été évoquée, selon le souhait de la CES qui soutient le traité.

Seuls quelques trublions de la CGT avaient confectionné des banderoles dissidentes : "Non à l'Europe antisociale, je vote NON !".

Le ton était aussi nettement anti-Constitution quelques dizaines de mètres plus loin, dans deux autres cortèges d'organisations non-gouvernementales et du Forum social européen, qui manifestaient le long du même itinéraire que la CES.

 

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BRUXELLES, 19 mars 2005 (AP) - Plus de 50.000 personnes ont défilé samedi dans les rues de Bruxelles, à l'appel de la Confédération européenne des syndicats (CES), pour interpeller les dirigeants des 25 et "défendre l'emploi et les droits sociaux": leur principale cible est la directive Bolkestein sur les services, incarnation pour les syndicats d'une Europe libérale et antisociale.

Cette manifestation intervient trois jours avant un sommet européen, mardi et mercredi à Bruxelles, au cours duquel les chefs d'Etat et de gouvernement des 25 doivent relancer la Stratégie de Lisbonne, élaborée en 2000 pour faire de l'UE l'économie la plus compétitive du monde d'ici 2010, mais écornée par une croissance au ralenti.

Parmi les manifestants se trouvaient le militant français José Bové, membre de la Confédération paysanne, ainsi que plusieurs centaines d'altermondialistes. Sur une pancarte portée par des manifestants on pouvait lire: "Ras-le-Bol...kestein!".

François Chérèque, patron de la CFDT française, a déclaré au cours de la manifestation: "Aujourd'hui, on est contre la directive Bolkestein parce qu'on est contre ce dumping social dans les services. On demande aux chefs d'Etat de se remobiliser sur le problème de l'emploi comme leur a demandé en 2000 la Stratégie de Lisbonne".

En revanche, à l'heure où le "non" à la Constitution de l'Europe a dépassé le "oui" pour la première fois dans un sondage en France, la CES soutient "sans faille" le Traité constitutionnel, a-t-il assuré.

Ancien patron de la CES, le syndicaliste italien Emilio Gabaglio a lui aussi souligné, au micro de France-Info, que les syndicats avaient "toujours vécu l'intégration européenne comme une opportunité" et que, s'ils étaient aujourd'hui "déçus en partie", ils considèrent comme une "erreur de s'inscrire dans l'euroscepticisme".

Pour les syndicalistes européens, il s'agit donc d'"envoyer un signal clair au Sommet: l'emploi et la protection des droits sociaux fondamentaux doivent être une priorité dans les politiques futures de l'UE ", selon le communiqué de la CES.

La confédération précise que le mouvement syndical européen s'oppose à "toute nouvelle dérégulation du marché de l'emploi au détriment des intérêts des travailleurs et de leurs familles".

Tout en soutenant l'objectif de mise en oeuvre d'un "marché intérieur dans le domaine des services", la CES précise qu'elle "rejette les propositions de libéralisation" de la directive Bolkestein "qui menace les droits des travailleurs et encourage le dumping social".

La CES estime ainsi que, pour "promouvoir de bons niveaux de vie" et une "bonne cohésion sociale, l'Europe a besoin de services de qualité qui ne peuvent être seulement régis par les règles de la concurrence".

Enfin, le mouvement syndical européen plaide pour un "renforcement des droits fondamentaux" des salariés dans toute l'UE et demande que "les dirigeants européens prennent en compte les intérêts des travailleurs dans leurs futures décisions".

 

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