PS

Publié le par France Républicaine

Par Véronique BUTTIN

PARIS, 17 mars 2005 (AFP) - Organisés à l'initiative du PCF, des meetings pour un non de gauche à la Constitution européenne, à Paris et à Garges-lès-Gonesse (Val d'Oise), en présence de personnalités de toute la gauche dont le PS, ont connu un grand succès jeudi soir.

C'est la présence d'élus socialistes en rupture avec la ligne officielle de leur parti - le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon et le député du Nord Marc Dolez - aux côtés de dirigeants du PCF, de la LCR, du MRC et d'autres signataires de l'appel des 200 pour le non, qui faisaient l'actualité, comme en témoignait l'abondance de micros et de caméras autour d'eux.

De même, Francine Bavay avait pris à Paris le contrepied de la majorité de sa formation, les Verts.

Tous ont pris soin de commencer leur intervention en affirmant qu'ils ne "s'exprimaient pas au nom de leur parti", mais bien au titre de leurs convictions personnelles, sans pour autant renier leur appartenance respective.

Les talents de tribun de Jean-Luc Mélenchon, en ont fait la vedette incontestée du meeting de Paris. "Le non rassemble la gauche dans sa diversité" alors que "le oui ne le peut pas", a-t-il lancé, très applaudi par les quelque 1.500 militants présents.

"La fatalité néolibérale n'est pas invincible", a-t-il affirmé en exhortant à participer au vote car, "dans cette circonstance, l'abstention serait une démission, un abandon, un renoncement".

Moins éloquente mais tout aussi passionnée, Francine Bavay a affirmé que "ce texte, qui n'est pas une constitution , constitutionnalise une seule chose, le marché". "Ce texte productiviste ne va pas dans le bon sens", a-t-elle dit, "il ne nous donne pas l'outil démocratique dont nous avons besoin".

Intervenant pour la LCR dans le Val-d'Oise, Alain Krivine a reproché au texte d'être une "constitution militaire où il est écrit noir sur blanc que l'Europe est liée à l'Otan". A Paris, pour le même parti, Christian Picquet affirmait qu'il "n'y a pas de oui de combat ou anti-libéral, il n'y a qu'un oui de résignation et de renoncement".

Applaudissements pour le sondage

Interrogé sur France 2 dans la soirée, Laurent Fabius, également tenant du non, a assuré "respecter la position" majoritaire pour le oui de son parti, ajoutant cependant que "beaucoup de socialistes, dont je suis, ont une conviction différente".

Interrogé sur les responsables socialistes qui font estrade commune avec des partis de gauche pour le non, il a estimé qu'"on ne résout jamais les questions de conviction par des mesures uniquement disciplinaires".

Juste avant les meetings, François Hollande, Premier secrétaire du PS, avait rappelé, sur LCI, que les socialistes favorables au non ne devaient en aucune manière utiliser "le sigle socialiste" pour défendre leur position.

Parlant de "campagnes individuelles", M. Hollande, a ajouté que ces avocats du non "ne doivent surtout pas confondre leur engagement avec celui du PS". "Je ne vais pas laisser passer des comportements qui pourraient rendre confuse la position du PS", a-t-il averti.

C'est au cours de ces meetings qu'a été rendu public un sondage (Le Parisien/CSA) qui donne 51 % pour le non, faisant ainsi apparaître pour la première fois un non majoritaire. A Paris, la salle a explosé sous les applaudissements lorsque ces chiffres ont été lus à la tribune.

 

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