ATTAC

Publié le par France Républicaine

par Mathieu FOULKES

PARIS, 7 mars 2005 (AFP) - Attac a lancé sa campagne pour le "non" au référendum sur la Constitution européenne, un vote "au nom de l'Europe" par lequel l'association altermondialiste entend se distinguer du "camp du repli et des égoïsmes" incarné par "les villiéristes et l'extrême droite".

Les militants d'Attac, qui s'interrogent depuis sa création, en 1998, sur les "débouchés politiques" de leur action, s'étaient prononcés à 84%, le 12 décembre, "contre la ratification du Traité constitutionnel européen" et avaient demandé à 72% que l'association altermondialiste "donne des indications de vote".

"Le référendum a une portée historique car il offre la possibilité de rejeter les politiques néo-libérales sans pour autant rejeter l'Europe", a expliqué le président d'Attac, Jacques Nikonoff, lundi lors d'une conférence de presse.

Portée par ce rejet massif de la Constitution de l'Union européenne (UE ) par une majorité de ses 30.000 militants, Attac a fait imprimer 40.000 affiches, 40.000 cartes ainsi que 50.000 autocollants destinés à expliquer sa position.

Outre de multiples débats organisés à Paris et en province par ses 250 comités locaux, Attac a également appelé à participer, le 19 mars, à "l'euro-manifestation" organisée à Bruxelles par la Confédération européenne des syndicats (CES) pour l'emploi, les droits sociaux et contre la directive Bolkestein.

Attac organise par ailleurs une "rencontre internationale" le 30 avril à Paris, au parc des expositions de la Porte de Versailles, sur le thème "L'Europe que nous voulons".

"Notre grande différence avec les partisans du +oui+, c'est que nous avons effectué un véritable travail d'appropriation du traité, lequel, il est vrai, est à dessein difficile d'accès", a fait valoir le président d'honneur d'Attac, Bernard Cassen, qui s'insurge contre "les théories fumeuses du type +Je suis pour l'Europe, je vote oui+".

"Notre slogan est destiné à marquer le fait qu'il ne faut pas ringardiser le +non+ et l'envoyer dans le camp du repli et des égoïsmes", a souligné la secrétaire générale d'Attac, Michèle Dessenne.

"Nous allons mener une campagne qui va cibler les ouvriers, employés, chômeurs, ainsi que les jeunes et les femmes, qui sont les principales victimes de l'Europe néo-libérale et forment le gros des troupes de l'abstentionnisme", a-t-elle poursuivi.

Selon Mme Dessenne, l'implication d'Attac dans cette campagne ne devrait pas entraîner l'association "au-delà des lignes jaunes" qui la séparent des partis politiques traditionnels.

Dénonçant une "campagne de peur, de dramatisation orchestrée par les grandes formations politiques", la direction d'Attac, opposée à un éventuel retrait de la France de l'UE , a insisté sur l'idée qu'un rejet de la Constitution européenne n'aurait "aucune conséquence sur le plan juridique".

Pointant le "vide juridique" qui entoure, selon elle, les référendums en matière de financement et de temps de parole, Attac a déploré que cette "campagne de peur" soit relayée par "les principaux médias".

"Nous avons écrit au président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (Dominique Baudis) pour faire observer que le temps de parole était disproportionné en faveur du oui", a indiqué M. Nikonoff, dénonçant "une caricature de débat".

Des membres d'Attac vont ainsi manifester "bâillonnés", vendredi en milieu de journée devant l'Elysée, aux côtés d'autres formations comme le PC, la LCR et la Fondation Copernic pour protester contre la "confiscation des médias par le camp du oui".

 

Publié dans Actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article