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Publié le par France Républicaine

Par Bénédicte REY

PARIS, 4 fév 2005 (AFP) - Le débat qui agite les syndicats français sur la constitution européenne, en particulier la CGT, en pleine crise interne sur le sujet, est peu présent dans le paysage syndical européen, largement favorable à un traité considéré comme renforçant les droits sociaux.
Le "parlement" de la CGT (premier syndicat français) s'est prononcé jeudi à 82% des votants pour "le rejet du traité constitutionnel" européen, malgré l'opposition de sa direction.

Cette position équivaut à une consigne de vote en faveur du non lors du référendum sur la constitution qui doit être organisé en France avant l'été.
Ce vote est "mauvais pour le syndicalisme français parce que les seuls syndicats en Europe qui vont s'opposer au traité constitutionnel sont des syndicats français", a regretté vendredi François Chérèque, le leader de la CFDT (deuxième syndicat français).

La grande majorité des syndicats de l'Union, réunis au sein de la Confédération européenne des syndicats (CES), a en effet affirmé fin octobre son soutien à la constitution. Un seul syndicat avait alors voté contre...le Français Force ouvrière (FO), la CGT s'étant alors abstenue.
Hormis la CFDT qui a affiché très tôt son soutien au projet de traité, les principaux syndicats français ont tardé à se prononcer, privilégiant le débat interne et se gardant bien souvent de formuler une consigne de vote. Au final, ils se montrent très divisés sur la question, au contraire de leurs homologues européens.

En Allemagne, où le traité ne sera pas soumis à référendum, la principale confédération syndicale (DGB) considère que le texte représente "clairement un progrès" en matière sociale par rapport au traité de Nice.

"La constitution prévoit d'ancrer des droits élémentaires importants comme le droit de fonder des syndicats ou celui d'y adhérer, le droit d'information et d'audition des salariés ou de leurs représentants en temps utile", souligne le syndicat, tout en regrettant que toutes les revendications syndicales n'aient pas été prises en compte.

Même opinion positive en Italie, où les trois grands syndicats -- CGIL (proche de la gauche), CISL (catholique) et UIL (modéré) -- ont accueilli avec "satisfaction" la signature de la constitution européenne à Rome le 29 octobre dernier, malgré des réserves sur certains passages.

En Espagne, les deux grands syndicats, l'UGT (proche des socialistes) et les CCOO (proche des communistes) soutiennent sans réserve le traité et ont même appelé à voter "oui" lors du référendum du 20 février.

Les Polonais de Solidarnosc portent un regard plus critique sur le texte, et ont choisi de ne pas donner de consigne de vote lors du référendum qui doit être organisé chez eux.

Même si le traité "constitue un progrès comparé aux traités européens en vigueur", le syndicat d'obédience chrétienne lui reproche notamment l'absence de référence aux racines chrétiennes de l'Europe ou de droit à la création de syndicats transfrontaliers.

Seuls les syndicats britanniques, dont le pays n'a pas encore fixé la date exacte du référendum, semblent être agités de débats similaires à ceux que connaissent leurs collègues français.

"Nous sommes une confédération et nous essayons généralement de parvenir à un consensus, mais nous ne pouvons vraiment pas encore parvenir à une position commune là-dessus", a reconnu un porte-parole du TUC, qui représente 7 millions de salariés.

 

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