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Publié le par France Républicaine

Par Rébecca FRASQUET

 

PARIS, 8 fév 2005 (AFP) - Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a tenté de tourner la page mardi après une crise interne sur la Constitution européenne au prix d'une autocritique convoquant le 48eme congrès de son organisation de manière anticipée pour "amplifier les évolutions nécessaires".

Reconnaissant que son organisation "n'avait pas bien préparé le rendez-vous" sur le débat européen, M. Thibault a appelé à "un renouvellement des méthodes et pratiques" de son syndicat "à tous les niveaux de l'organisation".

Le travail préparatoire sur ces questions, pour engager le débat avec les syndiqués "aurait nécessité un autre niveau d'engagement de la direction confédérale", a-t-il admis, esquissant pour la première fois une autocritique.

"Nous n'avons pas bien pris la dimension que notre discussion syndicale s'insérait dans un environnement plus large", a-t-il déclaré à la presse, les traits tirés, encadré par une bonne partie de la direction confédérale, à l'issue de la réunion de la commission exécutive de la CGT.

Interrogé sur le contenu du traité, M. Thibault a relevé certaines "avancées", en particulier sur les "droits sociaux fondamentaux", mais, a-t-il ajouté, le texte fait "une part très importante aux politiques libérales en Europe, il y a un risque important de régression sociale".

"C'est la raison principale pour laquelle ce traité est majoritairement considéré dans nos rangs comme plutôt négatif que positif", a-t-il analysé.

M. Thibault a en outre souligné que "le débat sur la construction européenne trouve une résonance particulière dans un pays où l'orientation du gouvernement est contesté".

Le Comité confédéral national (CCN), "parlement" de la CGT, avait rejeté jeudi dernier le traité constitutionnel européen, infligeant un désaveu à la direction, soucieuse de conserver une relative neutralité dans le débat.

Après en avoir débattu mardi, la commission exécutive a affirmé que la décision du CCN sur l'Europe constituait "le bien commun de toute la CGT" et qu'elle devait être relayée "dans son intégralité".

journée d'action interprofessionnelle

Le leader de la CGT a rappelé que son syndicat ne donnait pas de "consigne de vote" pour le référendum national sur le projet de Constitution européenne. Il a refusé de dire ce qu'il voterait lui-même, "de manière à ne pas instrumentaliser (sa) position personnelle dans un débat plus large".

"Notre appréciation syndicale ne doit pas être mise au service de quelque parti ou stratégie politique que ce soit", a insisté le secrétaire général qui a tenté de minimiser l'impact de la crise, en jugeant que les soubresauts de ces derniers jours rendaient nécessaire "d'amplifier les évolutions de la CGT".

Désireux de donner à l'organisation "des outils permettant de consulter tous les syndiqués", il a indiqué que cet impératif serait au centre du 48eme congrès de la CGT, avancé à "janvier ou février 2006".

Il s'agira alors de "faire évoluer les structures, les modes de fonctionnement et de financement des organisations" et de réfléchir à la "finalité de syndicat indépendant" de la CGT.

Soucieux de recentrer le débat sur les enjeux syndicaux du moment, M. Thibault a jugé "primordial de poursuivre le travail de mobilisation des salariés sur leurs revendications" en matière d'emploi, de salaires et de temps de travail après les importantes manifestations unitaires de samedi.

Il a ainsi indiqué souhaiter débattre avec les autres confédérations" d'une nouvelle journée d'action "combinant arrêts de travail et manifestations dans les prochaines semaines", pour faire pièce à "l'intransigeance gouvernementale et patronales".

 

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Par Jean-Marie Godard

 

PARIS, 8 fév 2005 (AP) - Fin de crise à la CGT? Le secrétaire général de l'organisation syndicale, Bernard Thibault, a estimé mardi que la position de la CGT contre le projet de Constitution européenne était finalement "statutairement valide" et devait être "le bien commun de toute" l'organisation.

Bernard Thibault a fait cette déclaration en début de soirée au siège de la CGT à Montreuil (Seine-Saint-Denis), près de Paris, à l'issue d'une réunion de la commission exécutive confédérale du syndicat, qui représente la direction de l'organisation.

Jeudi dernier, le secrétaire général de la CGT avait désavoué le vote du comité confédéral national, le "parlement" du syndicat, qui s'était prononcé contre le projet de Constitution européenne.

Changement de ton mardi: à l'issue d'un échange approfondi, la commission exécutive considère que "la contribution votée par le comité confédéral national (...) est le bien commun de toute la CGT. Elle invite les organisations de la CGT à la porter dans son intégralité", a déclaré Bernard Thibault.

L'organisation syndicale ne devrait d'ailleurs finalement pas organiser de congrès extraordinaire, ou "anticiper" sur la période initialement prévue, c'est-à-dire dans le courant de l'année 2006. Tout au plus, le secrétaire général de la CGT et la commission exécutive considèrent-ils que "loin de constituer des éléments de crise, les différences d'appréciations que révèlent les débats et commentaires confirment la nécessité d'amplifier les évolutions de la CGT".

"La CGT n'est pas le seul syndicat en Europe à avoir des débats dans ses rangs sur la construction européenne", a fait valoir Bernard Thibault, ajoutant que "le débat en interne n'a sans doute pas été assez préparé".

Interrogé sur d'éventuels doutes sur sa position à la tête de l'organisation syndicale, M. Thibault a répondu: "tout responsable qui ne se pose pas de questions et n'a pas de doutes dans sa vie devient un responsable dangereux".

Le secrétaire général de la CGT avait désavoué la position du "parlement" du syndicat, craignant que celle-ci ne déplace l'action de l'organisation sur le champ politique, au risque de récupération. En ce sens, la commission exécutive fédérale a décidé "d'attirer l'attention des organisations de la CGT et de leurs responsables pour que l'expression de la confédération ne soit pas utilisée au profit d'initiatives de nature politique qui détourneraient le sens et le caractère syndical de cette contribution à destination des salariés".

 

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